1 - Syndrome d’alcoolisme fœtal
2 - Le risque fœtal
3 - Prévention primaire
4 - Prévention secondaire et tertiaire
Les données statistiques dont nous disposons sont le plus souvent des évaluations. On estime en France à 4 500 000 le nombre de buveurs excessifs avec 2 000 000 de malades alcooliques dont 600 000 femmes. L'alcoolisation féminine a considérablement augmenté au cours des 20 dernières années.
Finalement en France, seulement 30% des femmes n’ont jamais bu d’alcool, 30% en boivent régulièrement et 40% à l’occasion.
Les conduites d'alcoolisation féminine reste assez différentes des conduites masculines ; elles se caractérisent par la solitude, la clandestinité, la culpabilité. Le déni chez la femme est quasi constant.
Les femmes sont plus vulnérables. A consommation égale, le taux sanguin d'alcool est plus élevé chez la femme. L'âge moyen des cirrhoses hépatiques est d'environ 10 ans inférieur à celui des hommes.
1 - Conséquences au cours de la grossesse
La principale complication est le Syndrome d’alcoolisme fœtal (SAF)
Son incidence dans le Nord de la France est de l'ordre de 2 à 4/1000 naissances vivantes.
Il comporte :
Pour l’enfant
Les atteintes neuro comportementales ou A.R.N.D (Alcoohol-Related. Neurodevelopmental Disorder). (Estimées à 1% en France)
Il est parfois difficile de distinguer les troubles neuro-comportementaux secondaires à l'alcool de ceux qui sont liés à l'environnement.
On décrit des troubles de la motricité fine, du tonus, de la coordination. Les acquisitions de la lecture, du langage, de l'écriture sont retardées. Ces enfants sont agités, euphoriques, irritables, agressifs.
La débilité mentale, qualifiée le plus souvent de légère à modérée est en relation directe avec l'imprégnation alcoolique au cours de la grossesse.
Plus tard, l'instabilité, les troubles de l'attention, la faible efficience intellectuelle interdisent une scolarité normale et une intégration correcte dans la société.
2 - Evaluation du risque fœtal
L'atteinte fœtale est difficile à prévoir mais on connaît plusieurs variables corrélées aux risques d'atteintes fœtales :
Un verre d'alcool, quelque soit la boisson, contient 10 grammes d'alcool pur. A partir de 30 grammes par jour, et probablement moins, le risque d'atteinte fœtale existe.
La consommation du premier trimestre de la grossesse est corrélée aux risques malformatifs et à la dysmorphie, celle des deuxièmes et troisièmes trimestres aux atteintes neuro comportementales (ARND).
L'ancienneté de l'alcoolisme est un facteur aggravant. Une femme ayant déjà un enfant atteint de SAF a 100 % de risque de récurrence pour ses enfants suivants si elle continue à boire.
L'intoxication aiguë et transitoire (plus de cinq verres) est également dangereuse pour le fœtus (en relation entre autre avec l’hypoglycémie fœtale), la période critique étant les cinq premiers mois de la grossesse.
¤ La prévention primaire : c'est l'option zéro recommandée en France. Les campagnes d'information en France sont très peu développées, notamment auprès des plus jeunes. Peu de gens savent que l'alcool au cours de la grossesse est une des premières causes de retard mental acquis de l'enfant dans notre pays et qu'il s'agit d'une incapacité évitable et que des doses modérées d'alcool ou des ingestions occasionnelles sont dangereuses pour le fœtus.
4 - Prévention secondaire. Eléments de suspicion d’un alcoolisme maternel, CAT
C'est la recherche systématique d'un alcoolisme maternel par l'interrogatoire (comportement, tr. du sommeil, tr. de la mémoire, …), l’examen clinique (démarche, faciès) et l’échographie systématique du 2ème trimestre (SAF). Le taux de gamma-glutamyl-transferase (GGT) est stable au cours de la grossesse et il est sensible à de faibles doses d'alcool chez la femme enceinte. L'alcoolisation aiguë n'élève pas l'activité GGT. La mesure du volume globulaire moyen peut permettre de suspecter un alcoolisme.
Les propositions de prise en charge sont multiples ; cures ambulatoires, soutien familial, foyers thérapeutiques, hospitalisations, consultations rapprochées.
Il est important de noter qu’une prise en charge avant le 3ème trimestre de la grossesse peut permettre de réduire la fréquence et la sévérité des atteintes neuro-comportementales.
Prise en charge de l’enfant (prévention tertiaire)
Elle concerne le fœtus des mères alcooliques. Elle a pour but de dépister le plus tôt possible les handicaps moteurs, cognitifs et sensoriels, pour les traiter rapidement et réduire leurs conséquences sociales.
Points essentiels
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Dernière mise à jour : 22/08/2006
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