Sommaire

Introduction

1 - Particularités de la pharmacocinétique au cours de la grossesse
2 - Conduite à tenir en fonction des différentes situations rencontrées
3 - Conduite à tenir en fonction des principaux médicaments tératogènes
4 - Conduite à tenir en fonction des principaux médicaments à risque fœtal et/ou néonatal
5 - Classes de médicaments (et vaccins) ne posant pas de problèmes majeurs en cours de grossesse

Points essentiels

 


 

Introduction

Depuis le drame de la thalidomide, l’exposition d’une grossesse à des agents exogènes suscite de vives inquiétudes partagées par le grand public et le corps médical.
Or, au cours d’une grossesse connue (ou prévue), des thérapeutiques peuvent être nécessaires, voire indispensables au bon équilibre de la mère.
Le prescripteur devra donc faire l’exercice d’évaluer correctement le bénéfice attendu d’une thérapeutique, au regard des risques connus (ou potentiels) pour le futur enfant, en fonction de son âge gestationnel au moment du traitement.
Compte-tenu du climat actuel, la prudence est souvent de mise. Or, cette tentation de « sous-traiter » les femmes enceintes peut constituer une grave erreur, dont les conséquences (humaines et médico-légales) sont souvent mal évaluées à leurs justes dimensions.

 

1 - Particularités de la pharmacocinétique au cours de la grossesse 

La femme enceinte et le futur nouveau-né sont solidaires sur les plans physiologique et métabolique. En effet, le placenta n'est pas une barrière. A l'exception de grosses molécules comme l'héparine et l'insuline, tout médicament administré à la mère traverse le placenta et peut avoir des répercussions immédiates ou lointaines sur l'embryon, le fœtus et le nouveau-né. Ainsi, l’analyse du risque médicamenteux nécessite : la bonne connaissance du calendrier de développement de l'embryon, des paramètres pharmacologiques de chaque produit et la prise en compte des modifications physiologiques consécutives à l’état de grossesse.

 

2 - Conduite à tenir en fonction des différentes situations rencontrées

I : Les Types de Situation

 

A. AVANT LE TRAITEMENT OU AVANT LA GROSSESSE : DÉMARCHE PRÉVENTIVE

Une femme est enceinte. Si un traitement est nécessaire, comment envisager la thérapeutique maternelle la moins nocive pour l'enfant en fonction de son terme de grossesse?

OU :

Poser le problème de l'interaction possible de la pathologie et de la grossesse.
Choisir le médicament le mieux connu au cours de la grossesse. Ne pas sous traiter les femmes enceintes
Programmer les éléments de surveillance chez la mère et l'enfant.
 Assurer une bonne coordination des équipes prenant en charge la mère et l'enfant.

Une femme est traitée au long cours (cardiopathie, diabète, épilepsie, maladies rhumatismales, pathologie psychiatrique) et désire une grossesse. Comment envisager la thérapeutique maternelle efficace la moins nocive pour l'enfant ?

Si une modification du traitement est nécessaire, la programmer, si possible, avant le début de la grossesse et s'assurer du bon contrôle thérapeutique de la maladie. Envisager, si besoin, des mesures préventives : acide folique.

 

B. APRÈS LE DÉBUT DU TRAITEMENT : DÉMARCHE PROSPECTIVE

Une femme enceinte (et ne le sachant pas le plus souvent) a pris des médicaments

 

Quels sont les risques pour l'enfant ?

La décision est un acte médical

  • Ne pas affoler : peu de médicaments justifient une décision d'interruption de grossesse.
  • Tenir compte du contexte spécifique :
    • médical (y compris les habitudes : alcool, tabac)
    • gynéco-obstétrical
    • antécédents (personnels, familiaux, génétiques).
    • personnel (psychologique)
  • Connaître précisément le traitement et son motif.
  • Analyser les documents disponibles : pharmacologiques, embryologiques, épidémiologiques +/- interroger le cas échéant un centre d’information (Centre régional de Pharmacovigilance, Centre de renseignement sur les agents tératogènes…dont les coordonnées figurent dans le Vidal).

 

  • Si le traitement est chronique, envisager la grossesse dans toute sa durée (cf. A)

 

C. APRÈS LA NAISSANCE : DÉMARCHE RÉTROSPECTIVE

Une femme donne naissance (ou le diagnostic anténatal visualise) à un enfant malformé et/ou ayant une pathologie néonatale non malformative. L'anamnèse obstétricale permet de retrouver une prise médicamenteuse. Quel est le lien possible entre l'exposition et la malformation et/ou la pathologie ?

  • Obtenir un compte-rendu spécialisé de la malformation ou de la pathologie néonatale (déroulement de la grossesse, accouchement).
  • Rechercher une cause non médicamenteuse: génétique, etc.
  • Envisager une consultation spécialisée si besoin (conseil génétique..).
  • Communiquer ce cas à un système d'enregistrement.

 

3 - Conduite à tenir en fonction des principaux médicaments tératogènes

Ces médicaments ont été séparés ainsi :

A - Les médicaments récents, de prescription courante, qui posent le problème de la poursuite de la grossesse et pour lesquels le diagnostic anténatal est assez limité.

B - D’autres médicaments tératogènes qui ont la particularité d’être des traitements chroniques. Le problème posé est celui de l’appréciation du bénéfice maternel attendu (et des difficultés du relais thérapeutique), par rapport à un risque fœtal pour lequel des possibilités de diagnostic anténatal existent.

A : Médicaments courants présentant un risque tératogène important, avec des possibilités de diagnostic anténatal limitées.

Médicaments

Risques tératogènes

Conduite à tenir

Indications : formes graves et rares de dermatoses résistant aux traitements classiques
Roaccutane® (isotrétinoïne).

Soriatane® (acitrétine)

 

  • Roaccutane® : chez l'animal et en clinique, malformations prédominantes : système nerveux central, oreille externe et cœur.
  • Soriatane® : beaucoup moins de données chez l'animal et en clinique : quelques malformations prédominantes au niveau du squelette.

 Grossesse : contre-indication absolue.

  • Chez toute femme susceptible d'être enceinte, indication fermement pesée. Si le traitement est indispensable, une contraception doit être rigoureusement suivie et des mesures de prescription et de surveillance particulières doivent être prises.
  • En cas d'exposition en début de grossesse, discussion d'interruption de grossesse justifiée.
  • À l'arrêt du traitement :
  • Roaccutane® : grossesse à éviter dans le mois suivant l’arrêt du traitement.
  • Soriatane® : grossesse à éviter dans les 2 années suivant l’arrêt du traitement, en raison de l'accumulation tissulaire.

B : Médicaments à risque tératogène pour lesquels un diagnostic anténatal est possible

Médicaments

Risques tératogènes

Conduite à tenir

Lithium :
Neurolithium
Téralithe

  • Malformation cardiaque dans environ 4 à 8 % des cas (communication interventriculaire, canal artériel et maladie d'Ebstein)

En cas de grossesse débutée sous lithium, il n'est plus légitime de conseiller systématiquement une interruption de grossesse chez une femme bien équilibrée.
En effet, un diagnostic anténatal est possible par une équipe spécialisée en échographie cardiaque fœtale à partir de la 20ème semaine d'aménorrhée.

Certains antiépileptiques :
Dépakine(valproate de sodium),
Tégrétol(carbamazépine)

  • Anomalie de fermeture du tube neural (AFTN) (spina bifida, myéloméningocèle) : 1 % à 2% des cas (1 ‰ dans la population générale en France) pour le valproate de sodium ;
  • ce risque semble équivalent pour la carbamazépine.
  • de plus, des anomalies des membres, du cœur, du système urogénital et de la face sont rapportées avec le valproate de sodium. Des posologies élevées et une polythérapie sont des facteurs de risque.
  • Sans preuve d’efficacité, proposition de prévention de survenue d'AFTN par acide folique, 2 mois avant et 2 mois après la conception, sans dépasser 5 mg/24 h,
  • Malgré l'apport d'acide folique, diagnostic anténatal d'AFTN : échographies du tube neural, éventuellement alpha-fœtoprotéine maternelle sanguine +/- amniocentèse (acétyl-cholinestérase, alphafœto-protéine).

Anticoagulants oraux<

  • “ Warfarin fetal syndrom ” dans 4 à 6 % des cas : dysmorphie faciale (os propres du nez hypoplasiques ou absents), hypoplasie des dernières phalanges des mains et des pieds, calcifications osseuses, atrésies des choanes inconstantes.
    Période à risque estimée entre 6 et 9 SA, voire 12 SA,
  • Anomalies cérébrales dans environ 2 % des cas pour les expositions au cours des 2ème et/ou 3ème trimestres (hydrocéphalies, microcéphalies, atrophie optique).
  • Echographie du massif facial (os propres du nez), squelette, cerveau.
  • IRM cérébrale fœtale en fonction de la période d’exposition et des résultats de l’échographie.
  • Dès le diagnostic de la grossesse, relais par héparine pendant toute la grossesse si l’efficacité est comparable. Ce relais est impératif pour l’accouchement.

Anticancéreux, radiothérapie : les médicaments anticancéreux sont de nature chimique diverse et possèdent des mécanismes d’action différents ; leur incidence sur la grossesse est donc variable.
L’indication des anticancéreux et/ou de la radiothérapie pose le problème de l’évaluation du rapport bénéfice/risque qui ne peut être étudié qu’au cas par cas.

 

4 - Conduite à tenir en fonction des principaux médicaments à risque fœtal et/ou néonatal

 

Médicaments

Risques fœtaux et/ou néonataux rapportés

Conduite à tenir Mère/Fœtus/Nouveau-né

Anti-inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS)
Inhibiteurs de Cox2
(Célébrex)

  • Toxicité de classe : concerne tous les AINS car ils sont tous inhibiteurs de synthèse des prostaglandines y compris l’aspirine à posologie anti-inflammatoire.
  • Mort in utero, détresse respiratoire et insuffisance cardiaque droite néonatales par hypertension artérielle pulmonaire et fermeture prématurée du canal artériel.
  • Oligoamnios, oligoanurie voire insuffisance rénale définitive chez le nouveau-né par toxicité rénale fœtale.
  • Risque hémorragique : par modification de l'agrégation plaquettaire (aspirine).
  • Contre-indication absolue dès le 6ème mois, même en prise brève et prévenir l’automédication : migraine, douleurs lombaires, soins dentaires, hémorroïdes, angine, sinusite, otite...
  • Éviter toute prise chronique au 2e trimestre (même pour la spondylarthrite ankylosante).
  • En dehors de ces situations obstétricales exceptionnelles, il n'y a aucune justification à prescrire ce type de médicament dangereux en cours de grossesse.

Inhibiteurs de l'Enzyme de Conversion (IEC : captopril, enalapril..).
Antagonistes des récepteurs de l’angiotensine 2 (losartan…).

  • Toxicité de classe concernant tous ces médicaments: mécanisme d'action commun évoqué (hémo-dynamique)
  • oligoamnios, oligoanurie, voire insuffisance rénale,
  • quelques cas d'anomalies
     d'ossification des os du crâne
  • Contre-indication aux 2ème et 3ème trimestre.
  • En cas de grossesse chez une femme traitée: relais le plus tôt possible par un autre antihypertenseur (la diurèse fœtale commence vers la 10°-12° semaine de vie embryonnaire).

Antituberculeux inducteurs enzymatiques : rifampicine
Anticonvulsivants
inducteurs enzyma-tiques: phénobarbital, carbamazépine, primidone (métabolisée en partie en phénobarbital), phénytoïne

  • Syndrome hémorragique précoce pendant le travail et/ou dans les 24 premières heures de vie par déficit en vit. K.
  • Anomalies du bilan phospho-calcique par déficit en vit. D.
  • Pour phénobarbital et primidone : somnolence, hypotonie, difficultés de succion et syndrome de sevrage non constant.
  • Chez la mère : vit. K1 (20 mg/j) par voie buccale dans le dernier mois de grossesse et vitamine D, sous forme de vit. D2 : ergocalciférol 1000 à 1500 UI/j dans le dernier trimestre de la grossesse.
  • Chez le nouveau-né : vit. K1 à la naissance (posologie enfant à risque).
  • Pour phénobarbital et primidone dosages sur le sang de cordon.

Anticonvulsivants
non inducteurs enzymatiques hépatiques : acide valproïque (Dépakine)

  • Non inducteur enzymatique (pas d'action sur le métabolisme des vit. D et K).
  • Mais risque de thrombopénie, de diminution de l'agrégation plaquettaire, du fibrinogène et des facteurs de coagulation.
  • Dosage du fibrinogène, TCK, numération plaquettaire chez la mère avant accouchement et chez le nouveau-né à la naissance. Éviter un accouchement traumatique.

 

Psychotropes-
A)Neuroleptiques. Phénothiazines : chlorpromazine (Largactil). Butyrophénones : halopéridol (Haldol)
B) Correcteurs anti-parkinsoniens souvent associés : trihéxyphénidyle (Artane), tropatépine (Lepticur).

  • Syndrome extra-pyramidal mais clinique différente de celle de l’adulte : dystonie, rarement opisthotonos.
  • Imprégnation atropinique pour les phénothiazines, majorée par les correcteurs anti-parkinsoniens : tachycardie, rétention urinaire, hyperexcitabilité. Rarement : retard d'émission du méconium, distension abdominale, syndrome du petit colon gauche.
  • Pour tous les psychotropes : possibilité de prévenir ou de diminuer la toxicité chez le nouveau-né par une monothérapie quand elle est possible, ou une diminution des posologies maternelles, très progressive lors des deux derniers mois de grossesse, en évitant un arrêt brutal et sous couvert d’un soutien psychothérapique +++.
  • Prévoir l’accueil du nouveau-né par l’équipe pédiatrique.

C) Antidépresseurs
1) Imiprimaniques : type clomipramine (Anafranil),

 

 

 

 

 


2) I.R.S : Inhibiteurs de recapture de la sérotonine
fluoxétine (Prozac) et dérivés

  • Imipraminiques :
    • polypnée, cyanose voire détresse respiratoire sans anomalie de la radiographie pulmonaire.
  • Troubles neurologiques quelquefois retardés (hypotonie, hyperexcitabilité, trémulations, irritabilité), signes d’imprégnation pouvant être secondaire aux effets atropinique.

 

  • IRS : Signes transitoires traduisant une imprégnation sérotoninergique ou un sevrage : tachypnée, trémulations, irritabilité, troubles du sommeil et respiratoires, difficulté d’alimentation….

 

 

 

 

 

 

 


  • Pour fluoxétine (Prozac), prendre en compte la demi-vie d’élimination très longue du principe actif et de son métabolite.

D) Benzodiazépines :
1) groupe d'élimination lente, diazépam (Valium, Tranxène)
2) groupe d'élimination intermédiaire : oxazépam (Séresta)
E) Lithium

  • Pauses respiratoires, hypotonie, hypothermie, difficultés de succion, mauvaise courbe pondérale, syndrome de sevrage possible (hyper-excitabilité).
  • lithiémies maternelles et néonatales sont proches
  • Eviter l'automédication maternelle par les benzodiazépines et éviter la prolongation des traitements.
  • Surveiller fonction cardiaque, rénale et thyroidienne du nouveau-né

ß bloquants : acébutolol (Sectral)
 aténolol (Tenormine, Xaten)
labétalol (Trandate) métoprolol (Lopressor)
oxprenolol (Trasicor)
propranolol (Avlocardyl)...

Bon passage placentaire
Persistance du ß-bloquage plusieurs jours après la naissance. En général sans conséquence clinique majeure :

  • hypoglycémie,
  • bradycardie, rarement insuffisance cardiaque aiguë
  • Prévoir l’accueil du nouveau-né par l’équipe pédiatrique.
  • Surveillance des premiers jours : glycémie, rythme cardiaque

 

5 - Classes de médicaments (et vaccins) ne posant pas de problèmes majeurs en cours de grossesse

Antibiotiques : de principe aucun antibiotique n’est formellement contre-indiqué en cours de grossesse car la priorité revient au bénéfice maternel attendu. Les indications doivent donc être soigneusement posées mais l’efficacité thérapeutique maternelle doit primer.
Quelques effets secondaires fœtaux sont connus avec certains antibiotiques :

Traitements hormonaux : les risques de virilisation de fœtus de sexe féminin sont actuellement exceptionnels.
Dérivés de la testostérone, ou à de très fortes doses de progestatifs androgénomimétiques (danatrol ou 500 mg de dérivés 19-nor) pendant la période de différenciation sexuelle : à éviter.
Contraception oestroprogestative ou progestative : pas de risque

Vaccins : toute prévention vaccinale nécessaire chez une femme enceinte doit être pratiquée à défaut de pouvoir l’écarter du risque de contamination.
Vaccination contre la rubéole : contre-indiquée ; cependant une vaccination anti-rubéolique fortuite réalisée juste avant ou en début de grossesse n’entraîne aucune conséquence justifiant une inquiétude ou une prise en charge particulière en cours de grossesse.
Vaccination contre la fièvre jaune : contre-indiquée. la recommandation principale consiste à décourager une femme enceinte de voyager en zone d’endémie.

Points essentiels

  • Tout médicament administré à la mère traverse le placenta et peut avoir des répercussions immédiates ou lointaines sur l'embryon, le fœtus et le nouveau-né.
  • Peu de médicaments justifient une décision d'interruption de grossesse.
  • Lorsqu’une femme donne naissance (ou le diagnostic anténatal visualise) à un enfant malformé et/ou ayant une pathologie néonatale non malformative, il faut rechercher la notion de prise médicamenteuse ou de toxiques.
  • Les principaux médicaments courants présentant un risque tératogène important avec des possibilités de diagnostic anténatal limitées sont : le Roaccutane® et le Soriatane®
  • Les principaux médicaments à risque tératogène pour lesquels un diagnostic anténatal est possible sont : Neurolithium®, Téralithe®, Dépakine®, Tégrétol® Anticoagulants oraux, anticancéreux (et radiothérapie). 
  • Certains médicaments sont à risque fœtal et/ou néonatal ; il convient de les utiliser sous précaution et uniquement à certaines périodes de la grossesse : AINS, IEC (à éviter), rifampicine, anticonvulsivants, Neuroleptiques, Phénothiazines, Anafranil, Prozac, Benzodiazépines, ß bloquants.
  • Aucun antibiotique n’est formellement contre-indiqué en cours de grossesse car la priorité revient au bénéfice maternel attendu.
  • Aucun traitement hormonal usuel n’inuit d’anomalies de la différentiation sexuelle
  • Toute prévention vaccinale nécessaire chez une femme enceinte doit être pratiquée à défaut de pouvoir l’écarter du risque de contamination.
  • Pour voyager, les principales craintes sont les risques infectieux et parasitologiques plus que celui des vaccinations.
 
Dernière mise à jour : 21/08/2006