| Question pédagogique |
| Quand un enfant semble mal entendre les sons, dois-je y remédier seul(e) en classe ? dois-je recommander la consultation d’un spécialiste aux parents ? dois-je faire appel au Rased ? |
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| Mal entendre les sons : analyse de la difficulté |
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Il est bien sûr nécessaire de s’assurer, avec la médecine scolaire, que l’enfant qui «entend mal les sons» (du langage) ne souffre pas d’une insuffisance sensorielle. Mais le plus souvent, «mal entendre les sons» (ou plus précisément les phonèmes) n’est pas lié à un problème auditif mais à une difficulté cognitivo linguistique. Ce type de difficulté se situe, non pas dans le domaine de perception et de l’équipement sensoriel (acuité auditive, discrimination auditive) mais dans celui de la conscience linguistique et en particulier dans celui de la conscience phonémique ou phonologique. La conscience linguistique – ou ensemble des compétences métalinguistiques – regroupe diverses capacités à manipuler et à «penser» les aspects formels d’un énoncé verbal: par exemple isoler tel ou tel «son» (phonème), faire « l’épellation phonétique » d’un mot, juger de la grammaticalité d’un énoncé, le corriger et le reformuler, etc … La conscience linguistique met en jeu chez le sujet un rapport particulier à la langue : celui du "linguiste" (qui réfléchit sur la langue et son fonctionnement) et pas seulement celui de l’usager (le «parleur»). Avec le développement de cette conscience linguistique et de cette posture métalinguistique (celle du «linguiste») l’enfant qui apprend à lire - écrire traite la langue orale d’une façon nouvelle: ce n’est plus seulement un outil de communication, c’est aussi un objet d’étude et de connaissance et donc un objet de réflexion et de manipulation consciente et volontaire.
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Gérard CHAUVEAU (2004) |
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