Question pédagogique

  Un enfant n’apprend-il pas à lire tout simplement parce qu’il est motivé ? Ne faut-il pas chercher surtout à lui donner l’envie ?
 
 
  Comment inciter l’enfant à lire en rentrant de l’école ?
 
 
 

L’incitation
Le fait de lire à la maison est important car la lecture devient autre chose qu’un acte purement scolaire ; cela va permettre des échanges au sein de la famille, mais on sera toujours vigilant aux possibilités et aux conditions de vie de chacun.
Pour déclencher lire à la maison, il est préférable plutôt que demander aux élèves de lire à la maison, de les « amener à… », leur donner « envie de… » et « besoin de… ».

Les déclencheurs
Pour créer l’envie chez l’enfant, il faut réunir certaines conditions favorables :
- que chacun accède au livre sans difficulté et avec plaisir,
- que les supports proposés soient variés, moyen efficace pour aiguiser la curiosité et le sens critique,
- qu’il y ait un véritable échange autour de ces lectures,
- que lire soit source d’interrogations et d’enrichissement personnel.
La lecture ne doit jamais être présentée comme une sanction ni punition.

L’enseignant propose aux élèves diverses possibilités à envisager à la maison.

Autour du manuel scolaire de lecture
Préparation de lecture orale : suivant un critère très précis, on demande aux enfants de préparer un passage de leur choix (en veillant à respecter particulièrement : la ponctuation ou l’intonation, ou les liaisons…). S’il s’agit d’un texte théâtral, pourquoi ne pas lui demander d’interpréter le personnage de son choix ?
Interprétation d’un écrit court, neutre, suivant différents sentiments : par exemple, « Les trottoirs de la ville sont jonchés de neige… » suivant que ce fait représente pour le lecteur un plaisir, un déplaisir, une gêne, un jeu…
Lecture silencieuse puis orale avec modifications : on va demander aux élèves de relire le texte étudié en classe, puis de préparer un passage (de très court à très long suivant les possibilités de chacun), avec un choix différent de celui du texte (on peut par exemple changer le lieu, une rencontre, la réaction du héros…). Le lendemain, le passage sera lu à voix haute et les autres devront trouver les différences avec le texte du livre. Ce type d’activités rend les enfants curieux, les incite à lire et à écrire, les rend attentifs à la lecture des autres.

Autour du manuel d’histoire, de géographie ou sciences
Illustrer un texte. Dans un manuel d’histoire, de géographie ou de sciences, l’enfant choisit un passage, le lit chez lui et l’« illustre » à l’aide de dessins, d’expériences, d’objets, d’autres documents (images, articles de journaux, livres, cassette…). Chacun fournit les documents qu’il trouve. Ces documents sont conservés collectivement pour enrichir la séquence ou de futures séquences. Grâce à ce dispositif, l’enseignant montre que la lecture demandée débouche sur un enrichissement collectif ; ainsi les élèves auront à cœur d’y participer.
Créer un lexique. L’enseignant demande à chaque élève de choisir, dans la page ou les pages à lire, des mots difficiles compris ou non compris. L’élève réalise un lexique de « ses » mots. On comparera les différentes récoltes.
Trouver les mots-clés. En utilisant l’index et/ou le sommaire, l’élève est invité à trouver les mots-clés ou les notions d’un chapitre dans un autre (exemple : on retrouvera des mots et des notions se rapportant à la digestion dans le chapitre sur l’appareil digestif et on pourra les retrouver dans le chapitre sur l’alimentation).

Autour de la littérature de jeunesse (livres de la BCD ou de la bibliothèque de classe)
Le choix des ouvrages sera très varié, aussi bien pour leur niveau que pour le genre, le type d’illustrations, la diversité des éditeurs, des auteurs ou des illustrateurs.
Si l’école ne possède pas de BCD ou de bibliothèque de classe, des livres peuvent être empruntés à la bibliothèque municipale.
Lecture avant tout. C’est sur une courte durée que devra se faire la lecture, afin qu’elle ne perde pas de son intérêt. Tant pis si le livre n’est pas terminé ; une lecture même partielle mérite d’être considérée et présentée.
Réactions autour de la lecture. L’enfant sera ensuite convié à partager sa lecture : on ne demandera pas systématiquement de résumé, mais on proposera par exemple présenter les personnages ou l’action ou les sentiments.
On recueillera surtout l’avis personnel et l’argumentaire : « j’ai aimé parce que » ou « je n’ai pas aimé parce que... », « j’aurais préféré que… ».
On acceptera qu’un livre puisse être abandonné à condition d’expliquer pourquoi : trop long, trop difficile, l’histoire ne me plaît pas parce que….
Mise en lien des lectures.
- Réalisation d’une revue littéraire (« mon avis de lecteur »), mise en place d’un carnet de lectures personnelles, de présentations de livres…
- Réalisation d’un imagier collectif : l’imagier des… héros, des lieux, des objets des livres lus dans la classe : après lecture d’un livre, chacun réalise une fiche signalétique avec identification du livre duquel il est extrait et on constitue des collections.
- même sentiment…

 

Arlette Weber, Maîtresse formatrice, coordonnatrice de REP  (2003)