La maîtrise
de la chaîne référentielle est une compétence linguistique essentielle à la
compréhension de l’écrit. Il est nécessaire pour comprendre un texte, d’être
capable d’identifier ce qui est nommé - personnages, objets, idées- à travers
des désignations diverses. Les modules du parcours Anaphores et substituts
visent à répondre à cette nécessité.
Nous proposons à ceux qui le souhaitent de faire un point
sur les notions en jeu. Vous pouvez noter vos réponses et les confronter à la
proposition formulée à la fin du questionnaire.
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faire le point |
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Questionnaire |
1) « Après une course folle, Marco se précipita
dans l'immeuble au 12 de la rue Montollon, il vit les escaliers, les emprunta et
une fois en haut décida de sauter par la fenêtre du rez-de-chaussée… La police
l'avait perdu de vue. »
Ce récit souffre …
- d'un manque de cohérence textuelle.
- d'imprécisions concernant ses personnages.
- d'une syntaxe incorrecte.
- d'une mauvaise organisation anaphorique.
2) Qu'est-ce qu'une
chaîne anaphorique dans un texte ?
- Une énumération dépassant le nombre de trois unités successives.
- Un ensemble de mots qui renvoie à une même référence.
- L'utilisation répétée de métaphores.
- L'ensemble des pronoms dans une histoire.
3) Quelles peuvent être les sources de difficultés de
lecture liées au traitement des substituts du nom?
4) Quelle distinction peut-on établir entre anaphores
d’introduction et anaphores de reprise ?
5) Quel rapport peut-on établir entre traitement
anaphorique et métacognition ?
6) Quels éléments grammaticaux sont mis en œuvre dans le
processus anaphorique ?
7) Pouvez-vous donner un exemple des différents types
d’anaphores sur le plan grammatical ?
1) Ce récit souffre …
D'un manque de cohérence textuelle
2) Qu'est-ce qu'une chaîne anaphorique dans un texte ?
- Un ensemble de mots qui renvoie à une même référence.
3) Quelles peuvent être l’origine de difficultés de
lecture liées au traitement des substituts du nom?
Les sources de difficultés de lecture liées au traitement des substituts du nom
peuvent être de natures diverses :
- éloignement des pronoms et du substitut
initial : il peut être difficile, au fur et
à mesure que l’on s’éloigne du substantif initial, d’en rapprocher les pronoms
successifs de même genre et de même nombre (" Véronique "/" elle ", " la ", "
lui ", " celle-ci ", " laquelle ", " dont ", etc.).
- présence d’autres substituts de genre et
nombre différents ;
- accumulation de substituts pronominalisés. Exemple : « Pierre
ouvre la porte à Jacqueline. Paul lui souhaite la bienvenue. Elle demande des
nouvelles de leur mère. » :
l’interprétation n’est pas ambiguë, mais peut poser des problèmes à un lecteur
débutant (du fait de l’accumulation des substantifs pronominalisés).
- chaîne de substituts irrégulière (les
substituts n’occupent pas les mêmes fonctions que le substitut remplacé :
le substantif initial est en position sujet et les
substituts qui suivent sont compléments par exemple.)
;
- ambigüité des substituts du point de vue du genre
(« lui », « leur », « l’ », etc.) ;
- nécessité de faire un " calcul réfléchi "
et d’interrompre sa lecture pour interpréter : " « Victoire s’est acheté une
nouvelle ombrelle, elle est élégante » ;
- insertion d’un substitut dans un contexte culturel spécifique (le
" loup " est un " quadrupède carnassier " dans un
texte documentaire ou un " animal plein de rage " qui renvoie à l’agneau de la
fable) ;
4) Quelle distinction peut-on établir entre anaphores
d’introduction et anaphores de reprise ?
Les anaphores de reprise sont nommées ainsi car elles assurent la reprise de
leur antécédent, dans une progression à thème constant. En revanche, les
anaphores d’introduction permettent d’introduire une autre unité-source en
rupture avec la progression thématique. L’anaphore d’introduction initie une
progression thème – propos ou dite à thème éclaté.
Exemple de progression à thème
éclaté : « LES SIMPSONS sont une famille de crétins moyens, comme il en
existe des milliers aux ETATS-UNIS et dans beaucoup de pays. Homer, le père,
travaille dans une usine nucléaire, Marge, (sa femme), passe son temps à hurler
et à protéger ses enfants jusqu'au délire. Parlons-en de ces enfants ! Lisa joue
du sax en tirant une tête de plusieurs pieds de longs (elle a le blues) tandis
que Bart, affreux jojo, tyrannise parents et amis tout en se prenant pour le
nombril du monde. [...] » (Le Nouvel Observateur)
5) Quel rapport peut-on établir entre traitement
anaphorique et métacognition ?
L’identification des anaphores suppose de la part du lecteur, non seulement des
connaissances linguistiques mais aussi des capacités métacognitives. En effet le
traitement des anaphores, particulièrement difficile pour les faibles lecteurs
nécessite une activité de contrôle par des retours en arrière réguliers destinés
à évaluer la pertinence de la mise en relation des référents et des substituts.
Or les faibles lecteurs renoncent le plus souvent à cette activité
métacognitive.
6) Quels éléments grammaticaux sont mis en œuvre dans le
processus anaphorique ?Le processus anaphorique
se met en place au moyen de syntagmes nominaux et / ou de pronoms, constitués en
chaînes anaphoriques. La nature grammaticale de ces éléments grammaticaux est
liée au rôle de reprise qu’ils jouent par rapport à leurs référents : des
personnages ou plus généralement des actants. Les pronoms et syntagmes nominaux
peuvent remplir toutes les fonctions habituellement dévolues à ces marqueurs
anaphoriques, telles que sujet, apposé, attribut du sujet, complément d’objet
direct ou indirect, complément de nom ou circonstanciel.
7) Pouvez-vous donner un exemple des différents types
d’anaphores sur le plan grammatical ?
a) l'anaphore pronominale : reprise d'un terme à travers différents types de
pronoms (« Pierre est le seul qui pourrait réussir. »)
b) l'anaphore nominale : reprise d'un terme à travers un nom ou un groupe
nominal (« Il a trouvé un chien dans la rue. L'animal aboie sans
cesse. ») qui peut être difficile à comprendre quand la référence est peu
explicite (« Vous pensez qu’il est incapable. Votre préjugé est
stupide. »)
On peut également avoir le cas d’anaphores verbales (« On ne se conduit pas
comme vous faites. »), adverbiales (« Il adorait ce paysage. C’était
là qu’il voulait aller. »), adjectivales (qui utilisent l'adjectif "tel"
pour représenter une proposition précédente : « On vous a dit que la décision
était sévère. Je ne partage pas une telle opinion. »).