Les programmes de 2008 pour le cycle 3 (chapitre Lecture) indiquent que la compréhension des phrases est l’un des éléments qui doivent faire l’objet d’un apprentissage systématique tout au long du cycle 3. L’enseignement de la grammaire a quant à lui « pour finalité de favoriser la compréhension des textes lus et entendus, d’améliorer l’expression en vue d’en garantir la justesse, la correction syntaxique et orthographique. Il porte presque exclusivement sur la phrase simple : la phrase complexe n’est abordée qu’en CM2. » Le module proposé vise à donner quelques repères permettant d’établir un lien entre grammaire (travail sur la phrase) et compréhension. Le cas de la phrase complexe sera abordé dans le module n°4.
Séquence 1. Cadre général
1) Au cycle 2, l'enfant n'acquiert pas spontanément le "sens" de la phrase écrite, car la syntaxe de la langue réellement parlée peut être différente de celle de l'oral.
Article théorique :
Syntaxe (Alain Bentolila) 2) Au début du cycle 3, l'école a joué son rôle : la perception de ce qu'est une phrase écrite correcte (la conscience syntaxique) doit être acquise, mais des différences importantes subsistent sur les capacités à comprendre des phrases plus longues et plus complexes qui caractérisent les récits et les exposés. Il convient donc d’entreprendre un travail régulier et méthodique dans ce domaine : « Identifier des mots ne suffit pas à comprendre une phrase. Il faut aussi que, dans le même temps, leur valeur syntaxique soit repérée grâce à une interprétation correcte de leur place dans la phrase, des marques grammaticales qu’ils portent et des mots grammaticaux qui les entourent… » (Extrait du rapport L’apprentissage de la lecture à l’école primaire, rédigé par l’ONL et l’inspection générale de l’enseignement primaire, novembre 2005). 3) L’apprentissage de la grammaire aide à la compréhension d’un texte complexe : les savoirs grammaticaux ou orthographiques peuvent être mobilisés tant en lecture qu’en rédaction pour interpréter le texte.
Article théorique :
Grammaire (JP Bronckart)
1) « Au cycle 3, des différences
importantes subsistent sur les capacités à comprendre des phrases plus longues
et plus complexes qui caractérisent les récits et les exposés. Aspects à prendre
en compte :
La complexité syntaxique peut être liée au type de
texte lu : 2) Syntaxe et lisibilité des textes Comment
apprécier si un livre est lisible par un élève (au cycle 3) ? Comment tenir
compte de la lisibilité et de la difficulté des textes pour choisir les ouvrages
qui seront étudiés en classe ?
Les éléments
proposés ci-après (retrouver les unités fonctionnelles, identifier les marques
morphosyntaxiques) sont particulièrement pertinents dans le cadre d’un programme
de développement des compétences de lecteur tout au long du cycle. Ils devront
faire l’objet d’un apprentissage méthodique à divers moments : leçons de
grammaire ou d’orthographe, ateliers de lecture centrés sur des objectifs précis
(capacités à reconnaitre les marques d’accord, à découper une coordination
complexe pour construire du sens...), séances de lectures suivies, séances
d’apprentissage à la rédaction…
1)
Comment aider les élèves de cycle 3 qui sont en difficulté de lecture du fait de
compétences grammaticales mal assurées ?
2) La
fiche ci-après traite d’un point de vue grammatical le cas des pronoms
personnels compléments d’objet direct (COD) et indirect (COI) de la troisième
personne qui sont à l’origine de difficultés de compréhension et dont l’usage
est difficile pour de jeunes élèves (et particulièrement pour tous ceux dont le
français n’est pas la langue maternelle). 3) Le
recours à des exercices systématiques (pendant les séances de grammaire mais
aussi d’orthographe grammaticale) permettant une manipulation orale et écrite de
la langue et conduisant à une étude de son fonctionnement est indispensable. On
cherchera à les diversifier, que ce soit pendant des séances de grammaire,
d’entrainement à la compréhension des textes ou à la rédaction. Nous en
présentons quelques types possibles dans la réponse ci-dessous.
article
théorique : Complexité des phrases (Jean
Mesnager)
Les connecteurs mettent en jeu des relations complexes entre les énoncés successifs du texte : - relations temporelles (avant de, après, ensuite, en même temps…), - relations spatiales (devant, derrière, au milieu…), - relations causales (car, en effet, parce que, à cause de, étant donné que, puisque…), - relations entre arguments dont la nature peut être très diverse : addition/exemple (d’abord, en outre, de plus…), opposition/concession (mais, cependant, bien que…), conséquence (donc, en conclusion, c’est pourquoi, si bien que…), expression du but (dans ce but, à cette fin, pour que, afin que…), expression d’une hypothèse (dans ce cas, si, à condition de…), - … R. 45.2. Difficultés de lecture et compréhension par l’élève des relations entre les énoncés du texte
La parataxe est une construction syntaxique qui consiste à supprimer la subordination entre des propositions. Les phrases sont alors séparées ou les propositions sont alors juxtaposées sans êtres unies par un rapport syntaxique de subordination ou de coordination. Cette construction syntaxique consistant à disposer côte à côte deux ou plusieurs propositions ou phrases, en laissant implicite ce qui les relie, peut être difficile à traiter par les élèves. Les mots de
liaison qui servent à coordonner deux ou plusieurs propositions indépendantes
posent quant à eux parfois des problèmes de compréhension fine du texte. |