Sommaire
1
- Modalités pratiques des vaccinations chez l’enfant
2 - Voies d’administration : elles varient selon le type
de vaccin
3 - Intervalles à respecter
4 - Associations vaccinales
5 - Protection vaccinale
6 - Réponse immune post-vaccinale - Bases immunologiques
de la vaccination
7 - Efficacité vaccinale : définition et facteurs
d'influence chez l'enfant
8 - Le calendrier vaccinal
9 - Description schématique du calendrier vaccinal
1 - Modalités pratiques des vaccinations chez l’enfant
La vaccination est un acte médical à part entière qui engage la responsabilité du médecin. Cet acte doit obéir aux règles suivantes :
- Toute vaccination
doit être consignée sur le carnet de santé de l'enfant ou
de l'adulte. Les pages « vaccinations » du carnet de santé
tiennent lieu de certificat. A défaut, un certificat sera délivré.
- Doivent figurer sur ces documents :
- Les mêmes
renseignements doivent rester en possession du médecin (fichier) ou du
centre de vaccination (registre).
La vaccination implique également le patient et doit, comme tout acte
médical, être expliquée et comprise de la personne ou de
ses parents ou tuteurs légaux. La consultation médicale qui précède
la vaccination doit comporter un entretien qui précisera les bénéfices
attendus tant individuels que collectifs ainsi que la possibilité de
survenue d’effets secondaires et les mesures à prendre pour les
atténuer.
2 - Voies d’administration : elles varient selon le type de vaccin
- Intradermique
stricte. Exemple : BCG
- Sous-cutanée profonde (SC) au niveau de la fosse sus épineuse
- Intramusculaire (IM)
Note : Les vaccins atténués (à l’exception du BCG) et les vaccins polysaccharidiques peuvent être fait en IM et en SC. Les vaccins inactivés et les autres vaccins sous-unités donnent une meilleure réponse et une meilleure tolérance par voie IM que SC.
Un intervalle
minimum de 4 semaines est recommandé entre deux injections successives
de vaccin lors de la primovaccination avec les valences diphtérie, tétanos
polio coqueluche et Haemophilus. Un intervalle plus court expose à une
efficacité réduite. En cas de retard de vaccination, il est recommandé
de compléter les injections manquantes selon le schéma du calendrier
et non de recommencer une vaccination complète.
Pour certains vaccins, un intervalle plus long est recommandé entre deux
injections. Exemple : 5 à 12 mois entre la seconde et la troisième
dose de vaccin hépatite B.
Le BCG peut être associé aux autres vaccins bactériens et
viraux. Le délai de 1 mois entre BCG et les autres vaccinations n'est
pas justifié.
- Les vaccins
combinés sont mélangés dans une même seringue. Exemple
: le vaccin trivalent Rougeole-Oreillons-Rubéole.
- Les vaccins simultanés s'administrent au même moment mais en
des sites séparés, parfois par des voies différentes. Ils
ne peuvent pas être mélangés dans la même seringue.
- Tous les vaccins inactivés peuvent être administrés de
façon simultanée. Les vaccins atténués peuvent être
administrés de façon simultanée avec les vaccins inactivés.
- Certains vaccins atténués peuvent également être
administrés de façon simultanée lors d’une même
séance, exemple BCG et Rougeole-Oreillons-Rubéole. D’autres
nécessitent un intervalle de un mois entre leur administration (exemple
Fièvre Jaune et Rougeole-Oreillons-Rubéole).
La protection
induite par la vaccination peut-être :
- directe et individuelle : elle repose sur l’immunité post-vaccinale
- indirecte et collective : elle repose sur la réduction de la transmission
interhumaine au sein d’une collectivité par une immunité
dite « de troupeau ».
Selon les maladies considérées, l’objectif de la vaccination
peut être :
- l’élimination de la maladie (absence de cas dans une région
géographique définie pendant une période suffisamment longue),
voire son éradication (disparition de l’agent infectieux au niveau
mondial). Ces objectifs sont envisageables pour certaines maladies infectieuses
virales comme la variole, la rougeole et la poliomyélite dont la transmission
est strictement inter-humaine et pour lesquelles la vaccination avec un taux
élevé de couverture permet, sans nécessiter de rappels,
l’arrêt de la circulation de l’agent infectieux.
- le contrôle de l’infection dans une population donnée,
particulièrement à risque. C’est le cas des maladies infectieuses
bactériennes comme la diphtérie et le tétanos qui nécessitent
des rappels itératifs pour maintenir une immunité durable. La
protection individuelle est ici essentielle pour réduire le nombre de
cas. Lorsque la transmission interhumaine de l’agent infectieux est importante,
comme pour la coqueluche, les rappels tardifs chez l’adolescent et l’adulte
permettent d’installer une immunité collective de troupeau, réduisent
la circulation du germe et protégent les jeunes nourrissons les plus
fragiles d’une contamination de leur entourage (stratégie du «
cocooning »)
6 - Réponse immune post-vaccinale - Bases immunologiques de la vaccination
La réponse
immune a pour effet d’éviter ou d’atténuer la maladie
naturelle ou ses conséquences délétères après
un contact ultérieur avec l’agent infectieux. Elle ressemble à
celle induite par les agents infectieux et procède ainsi de plusieurs
étapes successives mettant en jeu l’immunité cellulaire
et humorale.
L’antigène vaccinal est capté par les cellules présentatrices
d’antigène (macrophages, cellules dendritiques) qui les dégradent
en peptides qui vont se lier spécifiquement aux antigènes (de
classe I et II) du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH 1
et 2) et activer ensuite les lymphocytes (CD4+ et CD8+).
Antigène
vaccinal |
Complexe
majeur d’histocompatibilité |
Activation
lymphocytaire |
Autres
étapes |
| bactéries à développement extracellulaire | CMH
2 |
T
auxiliaires CD4+ |
sécrétion de cytokines (interféron g, IL-2)différenciation des lymphocytes B en plasmocytes et commutation isotypique des anticorps |
| virus et bactéries à développement intracellulaire | CMH
1 |
T
cytotoxiques CD8+ |
développement de la mémoire immunitaire |
La réponse humorale correspond à la fabrication d’anticorps par les lymphocytes B et les plasmocytes : immunoglobulines de classe IgG, IgA et IgM. Le rôle des anticorps vaccinaux est de reconnaître et de s’assembler aux épitopes de l’agent infectieux pour le neutraliser au terme d’une lyse cellulaire.
Le premier contact avec l’antigène produit une réponse anticorps dite primaire qui met en jeu la synthèse rapide des IgM puis, par commutation isotypique, la synthèse plus lente des IgG et IgA et la production de cellules B mémoires. Tout contact ultérieur générera, par la mise en jeu des cellules mémoires, une réponse dite secondaire, plus rapide, plus intense et spécifique, faite d’emblée d’IgG et IgA.
La réponse cellulaire fait intervenir les cellules T CD4+ et CD8+ dans leurs actions spécifiques, cytotoxicité cellulaire, activation des cytokines, mais également dans le cadre d’une coopération entre ces mêmes cellules (activations réciproques) qui contribue à renforcer la réponse immunitaire.
Pour augmenter l’immunogénicité des vaccins, des substances dites adjuvantes y sont incorporées (hydroxyde ou phosphate d’aluminium). Les conservateurs (comme le thiomersal) sont utilisés pour maintenir la stabilité des produits mais sont dénués d’effets sur l’immunogénicité.
Pour certains vaccins comme les vaccins viraux atténués, une ou deux injections suffisent pour conférer une protection optimale et durable (exemples, deux doses pour les vaccins rougeole, oreillons et rubéole ; une seule vaccination pour le BCG). Pour les autres vaccins, inactivés ou sous-unités, plusieurs injections successives et espacées d’au moins un mois sont nécessaires pour amplifier la réponse immune initiale ; c’est la primovaccination. L’immunité vaccinale ainsi obtenue n’est cependant pas définitive et nécessite la pratique régulière d’injections supplémentaires appelées rappels (exemples : diphtérie, tétanos, polio). Le maintien de l’immunité vaccinale peut également être garanti par les contacts itératifs avec l’agent infectieux qui continue de circuler, réalisant autant de rappels dits naturels (exemple de l’Haemophilus influenzae b pour lequel les rappels tardifs ne sont pas nécessaires au-delà du rappel de 16-18 mois). Cependant, en cas de réduction importante de la circulation de l’agent infectieux, les rappels naturels deviennent aléatoires et l’immunité baisse avec le temps rendant nécessaire la pratique de rappels vaccinaux tardifs (exemple de la coqueluche).
7 - Efficacité vaccinale : définition et facteurs d'influence chez l'enfant
L’efficacité
vaccinale repose sur la réponse immune du sujet, réponse qui varie
selon l’âge.
Chez l’enfant de moins de 2 ans, la réponse immune
aux antigènes thymo-indépendants comme les antigènes polysaccharidiques
(antigènes capsulaires des pneumocoques, Haemophilus influenzae b et
méningocoques) est immature et donc inefficace. Pour obtenir une réponse
immune et donc une protection, Il est nécessaire de coupler ce type d’antigène
avec un antigène protéique thymo-dépendant (exemples :
le polysaccharide capsulaire PRP d’Haemophilus influenzae b est couplé
avec une anatoxine tétanique). Chez le sujet âgé, la réponse
immune décroît progressivement et nécessite d’être
renforcée par des rappels (tétanos par exemple).
La réponse immune du nourrisson varie également selon la présence
d’anticorps maternels. Lorsque la maman est immune de façon naturelle
ou après vaccination vis-à-vis d’une maladie, la transmission
in-utero d’anticorps maternels confère au nourrisson une protection
de durée variable selon la maladie en question. Les anticorps rougeoleux
maternels protègent ainsi le nourrisson pendant 9 à 12 mois. Pendant
cette période, ces anticorps peuvent rendre inefficace la vaccination
par inactivation du virus vaccinal. Un phénomène identique est
observé avec les anticorps transmis par injection IV ou IM de gammaglobulines.
Le calendrier
vaccinal définit la politique vaccinale du pays concerné. Il s’applique
aux enfants et aux adultes. C’est un choix stratégique qui tient
compte de divers éléments :
- Epidémiologie de la maladie en question dans le pays
- Disponibilité de vaccins et caractéristiques de ceux-ci : efficacité,
durée de protection
- Rapports bénéfice-risque et coût-efficacité de
la vaccination selon la stratégie envisagée
- Harmonisation avec les recommandations de l’OMS-Europe.
Le calendrier est élaboré et révisé chaque année en France par le Comité Technique des Vaccinations (CTV), approuvé et proposé par le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France (CSHPF) au Ministère de la Santé et publié chaque année au Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, accessible sur le site www.invs.sante.fr/beh/.
Il précise
les nouvelles modifications des stratégies, les recommandations éventuelles
concernant de nouveaux vaccins et est incorporé au carnet de santé
et au Vidal.
Certaines vaccinations ont un caractère obligatoire en France,
il s’agit des vaccins contre la tuberculose, la diphtérie, le tétanos,
la poliomyélite.
D’autres sont recommandées et figurent à cet égard
au calendrier vaccinal. Seules les vaccinations recommandées et obligatoires
justifient d’une prise en charge financière par la Sécurité
Sociale.
Perspectives. L’intérêt du caractère obligatoire des vaccinations est actuellement débattu en France, et on s’oriente vers une suppression de cette obligation au profit d’une meilleure information des familles sur l’intérêt de la vaccination et l’obtention du libre consentement de celles-ci.
La stratégie
envisagée peut-être :
- Une vaccination généralisée, destinée à
l’ensemble de la population lorsque la maladie que l’on veut prévenir
constitue par sa fréquence ou sa gravité une priorité de
santé publique.
- Une vaccination ciblée, restreinte aux sujets identifiés
comme à risque comme par exemple les sujets de plus de 65 ans pour la
vaccination grippale ou les nouveaux-nés de mère porteuse de l’antigène
HBS pour la vaccination hépatite B.
- Quelques professions justifient également de recommandations spécifiques.
Certaines de ces vaccinations peuvent avoir un caractère obligatoire
pour des professions particulières (la vaccination hépatite B
est obligatoire par exemple pour les professions de santé).
9 - Description schématique du calendrier vaccinal
I- Recommandations générales (vaccination généralisée)
BCG
: la vaccination par le BCG est obligatoire pour l'entrée en collectivité
incluant la garde par une assistante maternelle (au plus tard à 6 ans,
âge de la scolarisation obligatoire).
La vaccination BCG précoce (dès le 1er mois) est réservée
aux enfants vivant dans un milieu à risques.
L'Intradermo-réaction à la tuberculine à 5 Unités
n'a plus lieu d'être pratiquée à titre systématique,
notamment après la vaccination par le BCG. Elle est réservée
au diagnostic de la tuberculose et avant vaccination BCG au-delà de l’âge
de 1 mois.
Perspectives. L’intérêt du caractère obligatoire et généralisé de la vaccination BCG est actuellement débattu en France. Si l’incidence globale de la tuberculose est actuellement proche des critères OMS d’arrêt de la vaccination généralisée, cette incidence reste élevée dans certaines régions (Ile de France, PACA) et essentiellement parmi des populations définies « à risque » comme par exemple, les migrants. L’arrêt de la vaccination BCG est donc envisagé mais au profit d’une vaccination qui deviendrait ciblée sur les populations dites à risque et accompagnée de mesures visant à améliorer le dépistage et la lutte anti-tuberculeuse..
Diphtérie, Tétanos, Polio, Haemophilus influenzae b, Coqueluche :
Les vaccinations
Diphtérie, Tétanos et Polio sont obligatoires, les autres sont
recommandées, selon le schéma suivant :
- Primovaccination diphtérie, tétanos, polio, coqueluche*, Haemophilus
à partir de 2 mois, avec trois injections à un mois d’intervalle
suivie d’un rappel à 16-18 mois.
- 6 ans : rappel diphtérie, tétanos, polio.
- 11-13 ans : rappel diphtérie, tétanos, polio, coqueluche
- 16-18 ans : rappel diphtérie**, tétanos, polio
- À partir de 18 ans : rappel tétanos, poliomyélite tous
les dix ans.
Notes :
* Divers vaccins coquelucheux (à germes entiers ou acellulaires) sont
disponibles sous diverses combinaisons et dosages et recommandés selon
l’âge. Se reporter à la question Coqueluche. Les combinaisons
contenant des vaccins coquelucheux à germes entiers sont destinées
à disparaître.
** Une petite dose (d) au lieu d’une forte dose (D) d’anatoxine
diphtérique est recommandée chez l’adulte pour une meilleure
tolérance.
Hépatite
B : la vaccination contre l'hépatite B est recommandée
chez le nourrisson et peut être commencée à partir de l'âge
de 2 mois selon le schéma suivant : 2 injections à un mois d'intervalle,
la 3e injection devant être proposée entre 5 et 12 mois après
la 2e injection.
Un schéma particulier est proposé aux nouveau-nés de mère
Ag HBS positive : vaccination dès la naissance avec injection de gamma-globulines
spécifiques anti-HBS.
Rougeole, oreillons, rubéole : la vaccination trivalente est recommandée pour les garçons et les filles dès 12 mois et suivie d’une seconde dose avant 2 ans avec au moins un mois entre les deux doses. Ce schéma vaccinal a pour objectif l’élimination de la rougeole et fait partie des mesures du plan d’élimination établi en 2005.
Deux doses de vaccin trivalent sont recommandées pour tous les enfants nés en 1992 ou après et n'en ayant pas bénéficié, quels que soient leurs antécédents vis-à-vis des trois maladies. Pour ceux nés entre 1980 et 1991, une seule dose est recommandée.
La vaccination
trivalente peut être pratiquée plus tôt, dès l'âge
de 9 mois pour les enfants vivant en collectivité, suivie d'une seconde
dose entre 12 et 15 mois.
Lorsque la première vaccination a été pratiquée
avec le vaccin rougeole monovalent, deux doses de vaccin trivalent seront nécessaires
après l’âge de 12 mois.
En cas de menace d'épidémie de rougeole dans une collectivité
d'enfants, on peut vacciner tous les sujets supposés réceptifs,
à partir de l’âge de 9 mois. La vaccination rougeole immédiate
peut être efficace si elle est faite moins de 72 heures après le
contact avec un cas.
Grippe : la vaccination grippe est recommandée tous les ans à partir de 65 ans.
II- Recommandations particulières (vaccination ciblée) :
Liste non exhaustive, se reporter au calendrier en vigueur.
Pneumocoque :
Chez l’adulte, la vaccination anti-pneumococcique avec le vaccin polyosidique 23 valent est recommandée, tous les cinq ans, pour les sujets splénectomisés, les drépanocytaires homozygotes, les patients atteints de syndrome néphrotique, les insuffisants respiratoires, les patients alcooliques avec hépatopathie chronique, les insuffisants cardiaques et les sujets ayant des antécédents d'infection pulmonaire ou invasive à pneumocoque.
Chez l’enfant de moins de 2 ans, la vaccination par le vaccin anti-pneumococcique conjugué heptavalent est fortement recommandée, à partir de 2 mois, pour les enfants présentant une affection les exposant à un risque élevé d’infection invasive à pneumocoque ainsi que ceux exposés à un ou des facteurs de risque lié(s) au mode de vie identifiés dans la littérature : enfants gardés plus de quatre heures par semaine en compagnie de plus de deux enfants en dehors de la fratrie, enfant ayant reçu moins de deux mois d’allaitement maternel, enfant appartenant à une fratrie d’au moins trois enfants (d’âge pré-scolaire).
Enfin, la vaccination par le vaccin anti-pneumococcique heptavalent conjugué est recommandée pour les candidats à l'implantation cochléaire et les porteurs d'implants cochléaires âgés de moins de 2 ans (grade de recommandation C).
Le schéma vaccinal est identique à celui de la vaccination Haemophilus influenzae b (primovaccination à 2, 3 et 4 mois et rappel unique à 16-18 mois).
Perspectives. La généralisation de la vaccination pneumococcique à l’ensemble des nourrissons est envisagée. En attendant, les caisses d’assurance maladie remboursent la vaccination chez le nourrisson sans distinction.
Varicelle :
La vaccination
varicelle est recommandée pour les personnes sans antécédents
de varicelle (ou dont l’histoire est douteuse) et dont la sérologie
est négative, lors des situations suivantes :
- personnes en contact étroit avec des personnes immunodéprimées
(les sujets vaccinés doivent être informés de la nécessité,
en cas de rash généralisé, d’éviter les contacts
avec les personnes immunodéprimées pendant 10 jours),
- adultes de plus de 18 ans exposés à la varicelle (dans les 3
jours suivant l’exposition à un patient avec éruption).
Perspectives. L’indication de la vaccination varicelle pourrait être élargie dans les années à venir grâce à la mise sur le marché de vaccins quadrivalents rougeole-oreillons-rubéole-varicelle. Un schéma à une ou deux doses serait alors recommandé selon l’objectif recherché : réduction des infections sévères et de la mortalité ou élimination de la maladie.
Vaccination coqueluche de l’adulte :
Pour protéger
les jeunes nourrissons d’une contamination par leur entourage, une vaccination
de rappel est recommandée :
- chez les adultes susceptibles de devenir parents dans les mois ou années
à venir
- ainsi qu’à l’occasion d’une grossesse, pour les membres
du foyer (enfant qui n’est pas à jour pour cette vaccination, adulte
qui n’a pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des
dix dernières années), selon les modalités suivantes :
De même, le rappel est recommandé pour les professionnels en contact avec des nourrissons trop jeunes pour avoir reçu trois doses de vaccins coquelucheux : maternités, services de néonatologie et de pédiatrie prenant en charge des nourrissons âgés de moins de 6 mois, étudiants des filières médicales ou paramédicales.
En l’absence de vaccin coquelucheux monovalent, le vaccin combiné Diphtérie, Tétanos, Coqueluche, Polio, faiblement dosé en anatoxine diphtérique et en antigènes coquelucheux est recommandé pour le rappel chez l’adulte (vaccin dTcaP).
Vaccinations du voyageur
Les recommandations sanitaires pour les voyageurs sont élaborées par le Comité des maladies liées au voyage et des maladies d’importation (CMVI) et détaillées dans le numéro spécifique annuel du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire accessible sur le site www.invs.sante.fr/beh/.
Le programme de vaccination à réaliser doit être adapté à l’âge et au statut vaccinal du voyageur, à la situation sanitaire du pays visité, aux conditions et à la durée du séjour.
Il comporte
:
- La mise à jour des vaccinations inscrites aux recommandations générales
du calendrier vaccinal (diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite
Haemophilus influenzae b, pneumocoque, hépatite B, rougeole, oreillons,
rubéole)
- La mise à jour des vaccinations figurant à la rubrique recommandations
particulières du calendrier vaccinal :
- d’autres vaccinations peuvent être indiquées pour certains voyageurs : encéphalite japonaise, encéphalite à tiques, méningite à méningocoques A, C, Y, W135, rage.
Vaccination des patients atteints d’immunodépression
- Les vaccinations
avec vaccins atténués (vivants) sont contre indiquées en
cas de déficit immunitaire, quel que soit son type, congénital
ou acquis : chimiothérapie récente (moins de 6 mois), traitements
immunosuppresseurs, corticothérapie générale supérieure
à 2mg/kg/j ou 20 mg/j pendant plus de 14 jours.
- Les autres vaccinations doivent être effectuées.
Vaccination des enfants nés de mère séropositive pour le VIH
Recommandations
valables hors Programme Elargi de Vaccination de l’OMS
- Application du calendrier pour la vaccination diphtérie tétanos
coqueluche polio Haemophilus influenzae b, hépatite B, pneumocoque.
- Pas de BCG sauf en cas de tuberculose dans l'entourage
- Vaccination Rougeole, Oreillons, Rubéole à discuter avec l'équipe
soignante
- Rattrapage secondaire complet si l'enfant s'avère non infecté
Effets indésirables des vaccinations. Citer les effets indésirables des vaccinations et les moyens de les limiter
Comme tous
les médicaments, les vaccins sont susceptibles d’induire des réactions
ou effets indésirables. Ces effets sont généralement connus
et prévisibles grâce aux études dites de tolérance
effectuées pendant le développement du produit. Les réactions
les plus communes et bénignes sont :
- Locales à type de douleur, rougeur, œdème au point d’injection
- Générales à type de fièvre, éruption, céphalées,
vomissements, etc…
Leur délai de survenue après l’injection est le plus souvent
prévisible :
- Inflammation locale et fièvre précoces avec les vaccins DTCoqPolio-Hib
: 24 à 48 heures après l’injection
- Eruption et fièvre plus tardives avec le vaccin rougeole (entre 5 et
10 jours après l’injection).
La connaissance prévisible de ces effets fréquents et bénins impose d’en avertir les sujets (ou leurs parents) afin de limiter l’inquiétude et la demande d’avis médical inutile et de proposer des mesures de prévention de leurs complications, comme par exemple le traitement de la fièvre de façon systématique, à dose efficace et intervalle correct pendant 24 à 36 h après un vaccin DTCoqPolio-Hib ou entre J5 et J10 après un vaccin rougeole.
Plus rarement, peuvent survenir des effets secondaires plus sévères comme par exemple des convulsions fébriles en cas de fièvre élevée sur un terrain sensible, les rares syndrome des cris persistants et d’hypotonie-hyporéactivité avec les vaccins coquelucheux ou une bécégite avec le vaccin tuberculeux.
Pour chaque
vaccin, ces effets secondaires connus, communs ou rares, sont répertoriés
et précisés dans le vidal.
Des réactions de type allergique (œdème de Quincke, choc
anaphylactique…) peuvent également survenir comme avec tout médicament.
Elles sont le plus souvent en rapport avec certains constituants des vaccins
comme des produits adjuvants, conservateurs, ou antibiotiques.
Enfin, certains effets jusqu’ici inconnus peuvent survenir dont la relation avec la vaccination peut-être suspectée. Il importe alors de rapporter systématiquement ces réactions inhabituelles aux centres de pharmacovigilance. Leur liste est consultable sur le site www.clinibase.net/annuaires/pharmacovigilance/view
Contre-indications vaccinales
Les contre indications à la vaccination ont été récemment remises à jour par la circulaire n°97-267 du 8 avril 1997.
Pour chaque vaccin, les contre indications figurent au texte d’autorisation de mise sur le marché (AMM) consultable sur le dictionnaire Vidal.
Il n’y
a pas de contre indication générale à la vaccination. Il
n’y a que des contre indications spécifiques liées au terrain.
Les vaccins sont contre indiqués devant toute maladie infectieuse aiguë
en évolution et en cas d’allergie documentée à l’un
de ses composants.
Les néphropathies, l'insuffisance cardiaque ou respiratoire, les maladies dermatologiques y compris l'eczéma ne sont pas des contre indications à la condition que l'on se trouve en dehors d'une période de poussée de la maladie
Contre indications spécifiques des vaccins atténués
| Polio oral (buccal) | - Déficit
immunitaire congénital ou acquis chez le sujet ou dans son entourage |
| Rubéole et Rougeole | - Déficit immunitaire
congénital ou acquis - Injection récente d'immunoglobulines (<3mois) - Grossesse |
| Oreillons | - Déficit immunitaire
congénital ou acquis- Injection récente d'immunoglobulines
(<3mois) - Allergie vraie aux protéines de l'oeuf - Grossesse |
| Varicelle | - Déficit immunitaire
congénital ou acquis - Injection récente d'immunoglobulines (<3mois) - Grossesse |
| Fièvre jaune | - Déficit immunitaire
congénital ou acquis - Injection récente d'immunoglobulines (<3mois) - Vaccination anticholérique datant de moins de 3 semaines - Nourrisson de moins de 6 mois - Grossesse |
| BCG | - Déficit portant sur l'immunité cellulaire |
Contre indications spécifiques des vaccins inactivés
| Polio injectable | - Aucune |
| Coqueluche | - Encéphalopathie évolutive convulsivante ou non |
| Grippe | - Allergie vraie aux
protéines de l'oeuf - Forte réaction dans les 48 heures ayant suivi une précédente injection |
Contre indications spécifiques des vaccins sous-unités
| Anatoxine Diphtérique | - Aucune |
| Anatoxine Tétanique | - Aucune |
| Vaccin Pneumococcique | - Forte réaction
antérieure - Injection antérieure < 3 ans |
| Vaccin Hæmophilus | - Aucune |
| Vaccin Typhim VI | - Forte réaction antérieure |
| Vaccin Hépatite B | - Aucune |
Contre indications de la vaccination chez la femme enceinte
Tous les vaccins atténués (vivants) sont potentiellement tératogènes.
L'administration d'un vaccin de ce type impose une contraception efficace chez
toute femme en âge de procréer pendant les 3 mois qui suivent la
vaccination. Cependant, la vaccination accidentelle d'une femme enceinte par
le vaccin Rubéole ne justifie pas de pratiquer une interruption de grossesse,
aucun accident tératogène n'ayant été rapporté
à ce jour.
Dernière
mise à jour : 22/12/2005 |