Notion théorique : Attaque et rime
par : Jean Emile Gombert
 

L’unité syllabe est décomposable en deux parties: l'attaque et la rime. L'attaque est la consonne ou le groupe de consonnes initial de la syllabe, la rime étant constituée de l'ensemble des phonèmes qui la suivent. Ainsi dans le mot monosyllabique "crabe" (dont la transcription phonétique est [kra:b]) l'attaque est [kr] et la rime [a:b]. La rime est elle-même décomposable en son noyau vocalique (la voyelle, dans l’exemple [a:]) et sa coda (la ou les consonnes terminales, dans l’exemple [b]). La rime est la seule composante obligatoire de la syllabe (les syllabes qui commencent par une voyelle n’ont pas d’attaque), de même le noyau vocalique est la seule composante obligatoire de la rime (lorsque la syllabe se termine par une voyelle -non muette- la rime n’a pas de coda). Conjointement avec le fait que seule la voyelle peut être prononcée de façon isolée (donc maintenue en mémoire de travail dans une boucle d’auto-répétition), il y a peut-être là une explication de l’importance psychologique de la division attaque-rime qui sépare la partie de la syllabe qui précède la voyelle de celle qui apparaît avec la voyelle.

Plusieurs études montrent que les enfants sont capables de décomposer les syllabes en attaque/rime avant de pouvoir les décomposer en phonèmes et que cette capacité facilite l'apprentissage de la lecture.

Ces résultats, qui mettent en exergue des unités infrasyllabiques autres que les phonèmes, suggèrent que la capacité métaphonologique nécessaire à l’abord de la lecture est globalement celle d'analyse de la structure de l'unité articulatoire que constitue la syllabe et peut-être pas spécifiquement l'identification des phonèmes. En fait, il s'agit de la capacité de repérer, dans le langage oral, des unités qui n'ont pas de réalité objective dans le comportement linguistique oral mais qui correspondent à des unités ou des configurations orthographiques de l'écrit.

Il convient toutefois de rester prudent. Ce qui semble aujourd’hui bien établi par la recherche, c’est l’intervention précoce de processus d’analogie. En revanche, le fait que les attaques et les rimes aient un statut privilégié au sein de ces analogies demande des démonstrations supplémentaires. En effet, d’une part, il est possible que ce phénomène soit une spécificité de la langue anglaise, où la prononciation des voyelles dépend des consonnes qui suivent et où l’orthographe des rimes est souvent si complexe qu’il est cognitivement plus économique de la retenir en bloc que de l’analyser.

 
   
Notion théorique : Attaque et rime
par : Geneviève Marouby-Terriou
 

En linguistique, la rime est l’élément final d’une entité, la syllabe.

Les syllabes sont des éléments de la parole dépourvus de signification, faciles à isoler sur un plan acoustique car elles sont signalées par des variations d’intensité.

Pour les tenants de la théorie des constituants la syllabe est une suite structurée d'une attaque (A) et d'une rime (R), cette dernière comportant un noyau (N) obligatoire, et un composant facultatif, la coda (C). L'attaque peut comporter une ou plusieurs consonnes selon les langues; la rime comprend toujours un noyau comportant au moins une voyelle et peut comprendre une coda comportant une ou plusieurs consonnes. En français, attaque, noyau et coda peuvent brancher. (Encrevé, 1988).

Pour Selkirk (1982, 1984), la syllabe est un élément d'une structure prosodique organisée de manière hiérarchique. Pour qu'il y ait une bonne formation syllabique, il faut un segment qui constitue le "peak" de sonorité qui soit précédé et/ou suivi d'une séquence progressivement décroissante en valeur de sonorité.

Par exemple : le mot « sac » dans lequel /s/ est l’attaque et /ak/ la rime composée d’une voyelle /a/ noyau (N) et d’une consonne /k/ coda (C).

Représentation de la structure syllabique

La capacité métaphonologique à segmenter la parole en ses constituants est un bon prédicteur de la capacité d’apprentissage de la lecture. Certaines habiletés sont plus précoces que d’autres. La segmentation en syllabes est réussie par certains enfants dès 4 ans, et plus généralement 5 ans alors que la sensibilité à la rime est une habileté déjà présente à 3 ans.

L’entraînement au repérage des unités intermédiaires entre la syllabe et le phonème, la rime et l’attaque permet d’accéder plus aisément à la discrimination phonémique et à la mise en relation avec le code alphabétique (Bryant, MacLean, Bradley & Crossland 1990).

 
   
Notion théorique : Attaque et rime
par : Geneviève Marouby-Terriou
 

En linguistique, l’attaque est l’élément initial d’une entité, la syllabe.
Les syllabes sont des éléments de la parole dépourvus de signification, faciles à isoler sur un plan acoustique car elles sont signalées par des variations d’intensité.
Pour les tenants de la théorie des constituants, la syllabe est une suite structurée d'une attaque (A) et d'une rime (R), cette dernière comportant un noyau (N) obligatoire, et un composant facultatif, la coda (C). L'attaque peut comporter une ou plusieurs consonnes selon les langues; la rime comprend toujours un noyau comportant au moins une voyelle et peut comprendre une coda comportant une ou plusieurs consonnes. En français, attaque, noyau et coda peuvent brancher. (Encrevé, 1988).

Représentation de la structure syllabique.

Pour Hooper (1976) il existe une hiérarchie d'occurrences des consonnes pour la position d'attaque et pour la position coda. Cette hiérarchie est fonction du degré d'ouverture (ou de sonorité) de chaque phonème. Ainsi selon Selkirk (1984), la syllabe peut être analysée comme une suite de phonèmes organisés dans un cadre linéaire et croissant d'aperture articulatoire jusqu'à un sommet à partir duquel peut suivre un ordre linéaire et décroissant de phonèmes, par exemple, /p/ peut précéder /l/ dans l’attaque mais l’inverse ne peut être possible.
Exemple : dans le mot « crèpe, l’attaque est /kr/ et la rime /εp/ ».

La capacité métaphonologique à segmenter la parole en ses constituants est un bon prédicteur de l’apprentissage de la lecture. Certaines habiletés sont plus précoces que d’autres. La segmentation en syllabes est réussie par certains enfants dès 4 ans, et plus généralement 5 ans alors que les tâches qui consistent en un travail sur l’attaque soit en ajoutant un certain phonème au début du mot soit en supprimant le phonème initial, sont réussies seulement vers l’âge de 6-7ans en corrélation (et en support) avec l’apprentissage de la lecture.

 
   
Notion théorique : Attaque et rime
par : Jean-Marc Muroni
 

Les mots à l'oral sont émis d'une façon continue. Mais si l'on observe leur prononciation, on peut remarquer une construction en syllabes, chaque syllabe correspondant à peu près à une émission de voix.
Chaque syllabe n'est pas identique aux autres, mais toutes n'ont qu'une façon générale d'être construite : un début, et une suite.
Ce début de la syllabe s'appelle l'attaque, suivie de la rime. L'attaque peut être simplement constituée d'une consonne (le /p/ de /pal/), ou de deux (les /pl/ de /pli/ ).
Quand une attaque est constituée de deux consonnes, on l'appelle branchante.
Parfois, l'attaque et la rime ( /p/ + /a/ => /pa/ ) sont suivies d'une coda ( le /l/ de /pal/).
Cette notion d'attaque est importante pour commencer le développement de la conscience phonologique de l'enfant, en lui proposant une liste de mots presque identiques, dans laquelle s'est glissé un intrus dont l'attaque est différente (ex. : pal, pull, pomme, sol, pou), ou encore en lui demandant de supprimer l'attaque (ex. : dire les mots pal, pull, pomme, pou en enlevant /p/ ).

 
   
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