PARCOURS :

S’approprier le langage : échanger, s’exprimer

 
MODULE 1.
Développer les compétences des élèves dans ce domaine (repères généraux)

 

 

FAISONS LE POINT

 

Avant d’entamer l’étude de ce module, répondez au questionnaire ci-dessous. Cela vous permettra de faire un point sur vos connaissances sur le thème travaillé. Prenez note de vos réponses.

 

Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses ?

1) Apprendre à échanger et à s’exprimer, c’est à la fois mobiliser des ressources langagières et respecter les règles d’un échange. 

2) Dans les situations d’échange, toutes les erreurs de langage doivent être corrigées immédiatement.

3) Pour favoriser les échanges verbaux, il suffit de parler avec les élèves. 

4) L’enseignant doit être compris de tous ses élèves lorsqu’il s’adresse à eux en français.

 

 

Contenus de formation

 

Séquence 1. Echanger, s’exprimer : les exigences des programmes

Séquence 2. Repères pour organiser la progressivité des apprentissages

Séquence 3. aspects théoriques

Séquence 4. Favoriser les échanges : le rôle de l’enseignant en maternelle

Séquence 5. Développer les échanges et l’expression en maternelle en s’assurant de leur maîtrise

 

 

Déroulement de la formation

Séquence 1. Échanger, s’exprimer : les exigences des programmes

 

« Les enfants apprennent à échanger, d’abord par l’intermédiaire de l’adulte, dans des situations qui les concernent directement : ils font part de leurs besoins, de leurs découvertes, de leurs questions ; ils écoutent et répondent aux sollicitations. Ils nomment avec exactitude les objets qui les entourent et les actions accomplies. Progressivement, ils participent à des échanges à l’intérieur d’un groupe, attendent leur tour de parole, respectent le thème abordé. Ils redisent de manière expressive des comptines et interprètent des chants qu’ils ont mémorisés. Ils apprennent peu à peu à communiquer sur des réalités de moins en moins immédiates ; ils rendent compte de ce qu’ils ont observé ou vécu, évoquent des événements à venir, racontent des histoires inventées, reformulent l’essentiel d’un énoncé entendu. Ils acquièrent progressivement les éléments de la langue nécessaires pour se faire comprendre, c’est-à-dire pour : désigner correctement les protagonistes concernés, marquer les liens entre les faits, exprimer les relations temporelles par le temps adéquat des verbes et les mots ou expressions pertinents, situer les objets ou les scènes et décrire les déplacements de manière pertinente. »

(Programmes maternelle 2008, chapitre S’approprier le langage / échanger, s’exprimer)

 

 

Séquence 2. Repères pour organiser la progressivité des apprentissages

 

Échanger, s’exprimer en Petite Section :

- Entrer en relation avec autrui par la médiation du langage.

- Utiliser le pronom “je” pour parler de soi.

- Répondre aux sollicitations de l’adulte en se faisant comprendre.

- S’exprimer, dire des comptines très simples, chanter devant les autres.

- Commencer à prendre sa place dans les échanges collectifs.

- Se faire comprendre par le langage pour les besoins de la vie scolaire.

 

Échanger, s’exprimer en Moyenne Section :

- S’exprimer dans un langage mieux structuré, en articulant correctement (les syllabes complexes avec enchaînement de consonnes peuvent être encore difficiles à prononcer).

- Dire ou chanter une dizaine de comptines, chansons et poèmes, avec une bonne prononciation.

- Décrire, questionner, expliquer en situation de jeu, dans les activités des divers domaines.

- Participer à un échange collectif en écoutant autrui et en attendant son tour de parole.

- Relater un événement inconnu des autres ; inventer une histoire sur une suite d’images ; faire des hypothèses sur le contenu d’un livre au vu de sa couverture et de ses illustrations.

Dans tous les cas, ajuster son propos pour se faire comprendre en fonction de questions ou de remarques.

 

Échanger, s’exprimer en Grande Section :

- Dire, décrire, expliquer après avoir terminé une activité ou un jeu (hors contexte de réalisation).

- Justifier un acte, un refus, une préférence en utilisant à bon escient “parce que”.

- Relater un événement inconnu des autres ; exposer un projet ; inventer une histoire (à partir de quelques images éventuellement).

- Produire un oral compréhensible par autrui.

- Participer à une conversation en restant dans le sujet de l’échange.

- Dire comptines, poèmes ou autres textes en adoptant un ton approprié.

- Chanter une dizaine de chansons apprises en classe.

 

 

Séquence 3. aspects théoriques

 

1. Article théorique : Communication

Dans l'apprentissage de la communication, la médiation doit être explicite, constante et méthodique.  « Règles des 4 C ».

Article de A. Bentolila

 

2. Article théorique : Communication

Présentation des dimensions sociales et pragmatiques des échanges en maternelle et des composantes des compétences nécessaires à une communication efficace.

Article extrait du document Le langage à l’école maternelle.

 

 

Séquence 4. Favoriser les échanges : le rôle de l’enseignant en maternelle

 

1) Réponse 1 à la question : Comment l'enseignant doit-il parler en maternelle ? Comment doit-il gérer les interactions langagières ?

Le rôle de l'enseignant d’école maternelle dans la progression des acquis langagiers est particulièrement important tant du point de vue didactique et pédagogique que du point de vue socio-affectif. La présence bienveillante de l’enseignant s’accompagne d’un « parler professionnel » qui fournit aux élèves l’étayage nécessaire et encourage les initiatives.

R131-1 : Le rôle de l’enseignant d’école maternelle dans la progression des acquis langagier.

 

2) Réponse 2 à la question : Comment l'enseignant doit-il parler en maternelle ? Comment doit-il gérer les interactions langagières ?

Pour communiquer à bon escient, il est essentiel que l’enfant sache ce qu’on attend de lui. À cette fin, l’enseignant veille à expliciter les tâches attendues, en particulier en matière de langage, pour permettre à l’enfant de bien s’installer dans les diverses situations de communication.

R131-2 : Un enseignant « tuteur » de langage.

 

 

Séquence 5. Développer les échanges et l’expression en maternelle en s’assurant de leur maîtrise

 

1) Réponse 1 à la question : Comment développer les compétences de communication attendues en fin d’école maternelle et s’assurer de leur maîtrise ? » 

Cette première réponse présente un certain nombre d’objectifs à atteindre concernant les différentes dimensions de la communication à l’école :

- répondre aux sollicitations de l’adulte ;

- entrer en conversation ;

- prendre l’initiative d’un échange ;

- oser prendre la parole dans le groupe ;

- s’insérer dans un échange collectif ;

- participer à un échange collectif de manière pertinente et efficace ;

R 132.1 : Les compétences de communication attendues en fin d’école maternelle : les repères à connaitre pour organiser une progression.

 

2) Réponse 2 à la question : Comment développer les compétences de communication attendues en fin d’école maternelle et s’assurer de leur maîtrise ?

L’enseignant est sans cesse en position d’observateur. Il doit être attentif aux évolutions des compétences de communication à partir d’un certain nombre d’éléments qu’il organise selon le niveau de classe dans lequel il travaille.

R 132-2 : Repères pour l’observation et l’évaluation dans le domaine des compétences de communication.

 

 


 

évaluation

Questionnaire

 

1) Apprendre à communiquer c’est à la fois mobiliser des ressources langagières et respecter les règles d’un échange. 

 

2) Dans la situation de communication toutes les erreurs de langage doivent être corrigées immédiatement ?

 

3) Pour favoriser les échanges verbaux, il suffit de varier les situations de langage. 

 

4) L’enseignant doit être compris de tous ses élèves lorsqu’il s’adresse à eux en français ?

 

5) Quels sont les objectifs à atteindre dans le développement des échanges et de l’expression à l’école maternelle ?

 

6) L’enseignant doit être en constante position d’observateur pour apprécier les compétences communicationnelles de ses élèves, quels repères vont lui permettre d’évaluer les compétences de ces derniers ?

 

7) Comment développer les compétences de communication d’un élève dont la langue maternelle n’est pas le français ?

 

 

Correction du questionnaire

 

1) Apprendre à échanger et à s’exprimer, c’est à la fois mobiliser des ressources langagières et respecter les règles d’un échange. 

Vrai : Les composantes des compétences nécessaires à une communication efficace sont de plusieurs ordres :

– des composantes langagières et linguistiques ;

– des composantes socioculturelles : l’utilisation de la langue (registres de langue, modulations particulières lorsque l’on s’adresse à des plus petits, etc.), les rôles tenus dans les échanges (situation de contrôle/obéissance, échange à parité dans une conversation choisie ou échange dirigé par quelqu’un qui a autorité, etc.), les postures adoptées (distance, regard, etc.) sont affectés par des règles culturelles; les normes sociales se traduisent dans des rituels, dans les règles de politesse et, à l’école, par des règles particulières en situation collective incluses dans le «règlement» de la classe;

– des composantes pragmatiques : les ressources de la langue ne sont pas mobilisées de la même manière selon les enjeux des échanges ; parfois, des formes de scénario peuvent être apprises ou les prises de parole peuvent être préparées alors que, d’autres fois, l’improvisation est de mise, les régulations intervenant en fonction des effets constatés.

 

2) Dans une situation d’échange, toutes les erreurs de langage doivent être corrigées immédiatement ?

Vrai : L’enseignant, sans reprendre systématiquement les élèves, doit reformuler leurs propos en français correct si ceux-ci contiennent des erreurs.

Durant toute l’école maternelle, l’enseignant fait jouer les reformulations pour fournir des modèles phonologiques corrects, pour enrichir le lexique et la syntaxe en apportant des termes précis et en proposant des phrases complètes et plus complexes.

Il doit avoir à cœur de ne pas laisser les enfants dans l’à-peu-près. Il s’autorise des variations langagières; s’il reprend à son compte des mots d’un vocabulaire peu soutenu, que l’enfant ne sait parfois pas situer, n’ayant que ce mot pour désigner ce dont il veut parler («des godasses» par exemple), il emploie aussitôt les mots adaptés à la situation.

 

3) Pour favoriser les échanges verbaux, il suffit à l’enseignant de parler avec les élèves.

Faux : Pour communiquer à bon escient, il est essentiel que l’enfant sache ce qu’on attend de lui. À cette fin, l’enseignant veille à expliciter les tâches attendues, en particulier en matière de langage, pour permettre à l’enfant de bien s’installer dans les diverses situations de communication. Il prend l’habitude d’annoncer ce qu’il va faire, ce que les élèves auront à faire, avec des mots simples. 

L’enseignant d’école maternelle a, sans doute plus que ses collègues pratiquant avec des enfants plus âgés, un double rôle dans lequel le registre des interactions individualisées a une importance particulière pour aider à la progression des acquis langagiers :

du point de vue didactique et pédagogique, il pilote la progression et la programmation, la mise en œuvre des situations qu’il régule et rend productives parce qu’il a des attentes claires et possède des repères sur les possibles. Il s’appuie sur des préparations méticuleuses quant aux conditions matérielles qui doivent être créées, quant aux consignes qui engagent les élèves dans les activités. Il choisit très précisément les objets culturels qu’il présente aux enfants (comptines, chants, poèmes, contes, livres, jeux, etc.). Il observe les comportements, les procédures de travail et évalue les acquisitions pour s’assurer que chacun progresse; il identifie les obstacles et détecte des problèmes auxquels il remédie;

du point de vue socioaffectif, il s’investit dans une présence très forte auprès des élèves, et d’autant plus avec ceux que leur jeune âge les rend plus demandeurs d’une forme d’étayage de grande proximité qui rappelle les premières situations de communication.

 

4) L’enseignant doit être compris de tous ses élèves lorsqu’il s’adresse à eux en français ?

Vrai : Si les élèves ont du mal à comprendre ce qu’on dit en français, l’enseignant doit se poser des questions sur son articulation, sur son débit... Ce qui l’amène à prendre conscience de ce qu’il fait, de ce qu’il dit et de la liaison entre les deux.

Il peut s’exprimer par phrases courtes, assez espacées les unes des autres, avec un débit lent. Par mimétisme, l’élève est encouragé à avoir le même débit, ce qui lui donne confiance et l’incite à parler en français.

Dans les premiers temps de l’apprentissage, la façon de parler de l’enseignant est donc très importante : ralentir son débit, penser au silence, ne pas parler longtemps.

Il ne faut pas qu’il hésite non plus à reformuler ses propres propos en employant des synonymes, des comparaisons…

En particulier avec les plus jeunes, ne pas vouloir à tout prix simplifier l’énoncé et de ce fait appauvrir la structure de la langue (langage « bébé »). Être attentif à bien utiliser les « mots justes » (lexique, syntaxe et phonologie).

 

5) Quels sont les objectifs à atteindre dans le domaine des échanges et de l’expression à l’école maternelle ?

Les objectifs à atteindre concernent les différentes dimensions de la communication à l’école sont :

- répondre aux sollicitations de l’adulte,

- entrer en conversation,

- prendre l’initiative d’un échange,

- oser prendre la parole dans le groupe, le monologue, l’interaction,

- s’insérer dans un échange collectif,

- participer à un échange collectif de manière pertinente et efficace…

 

6) L’enseignant doit être en constante position d’observateur pour apprécier les compétences communicationnelles de ses élèves, quels repères vont lui permettre d’évaluer les compétences de ces derniers ?

Voici quelques repères permettant à l’enseignant d’évaluer les compétences communicationnelles des élèves :

- l’élève ose parler ;

- l’élève parle de plus en plus ;

- l’élève sait répondre aux sollicitations de l’adulte ;

- ’élève régule sa prise de parole ;

- l’élève accepte et respecte les règles des échanges ;

- l’élève utilise les formules de politesse.


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